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Le bouchon de liège a vu son essor se développer parallèlement à l’utilisation du verre pour la garde et le transport des liquides. C’est notamment au XVème siècle que l’usage des bouteilles de verre se généralisa, lorsque l’art des verriers permit une fabrication plus économique. Le liège, utilisé par les Anciens pour le bouchage, était ainsi très présent au XVIème siècle, où l’on appréciait ses vertus techniques évidentes. Son emploi se généralisa alors, malgré les procédés primitifs de fabrication.
A la fin du règne de Louis XIV, l’industrie du bouchon présentait une certaine importance, car le 24 août 1726, les statuts de corporation des Patenôtres d’os (fabricants de chapelets), des Cornetiers (fabricants d’objets en corne) et des Bouchonniers étaient déposés en 29 articles.
L’Encyclopédie de Diderot (2ème moitié du XVIIIème siècle) contient un article sur le métier de Bouchonnier, avec des ouvriers occupés à fabriquer des bouchons au couteau, et une marchande triant des bouchons.
On trouve également trace à Paris à cette époque, d’une corporation de bouchonniers dépendant de celle des Tonneliers. Au début du XVIIIème siècle, une nouvelle ère de gloire s’ouvre pour le liège. En Champagne, près d’Epernay, un moine bénédictin français dirige l’abbaye de Hautvillers : c’est Dom Pérignon. En mettant au point le processus de champagnisation, il s’aperçoit que les bondons de bois, enveloppés de feuilles de chanvre huilées, utilisées pour fermer les bouteilles, sautent régulièrement. Il remplace alors ces bondons par des morceaux (bouchons) de liège, ce qui améliore les résultats. La légende prétend qu’il eût cette idée en voyant les bouchons de liège que les moines espagnols, qui passaient à l’abbaye, utilisaient pour la fermeture de leurs gourdes. L’utilisation du bouchon en liège pour obturer les bouteilles est née et va se généraliser dans toutes les maisons de vin, car on s’aperçoit qu’il aide en plus à la bonification du vin à la garde.
Si les premières fabriques de bouchons sont créées en Espagne en 1760, l’art et le métier de bouchonnier sont nés dans le Midi de la France, puis étendus à la Catalogne Sud par émigration. Les ateliers se développèrent aux XVIII et XIXème siècle en France (Var, Puis Roussillon et Sud-ouest). Au Portugal, le développement commença à partir de la fin du XIXème siècle uniquement. Durant le XIXème siècle, l’industrie du liège garda un caractère artisanal et manuel, et n’évolua que lentement. C’est uniquement au cours du XXème siècle, que le secteur bouchon liège évolua avec des matériels de fabrication plus perfectionnés et une conception plus industrielle.
Les besoins modernes d’embouteillage demandent des caractéristiques dimensionnelles et techniques de plus en plus précises, et le bouchon évolue du conique (permettant de rattraper les écarts des verriers) vers le cylindrique sur des cols de bouteilles de mieux en mieux calibrés.